vendredi 27 mars 2009

Un mot sur une conférence et sur la courtoisie en général

Hier, le jeudi 26 mars, je donnais à l'Université Paris IV-Sorbonne une conférence portant sur une étude épistémologique du théorème de Kenneth J. Arrow (ou théorème de possibilité) dans laquelle j'essaie d'évaluer la pertinence de la méthode théorématique d'Arrow mais surtout sa théorie de la connaissance, en ce qui a trait à la formulation d'une théorie de la cognition sociale. Il y avait un bon nombre de participants, des chercheurs en sociologie et en psychologie, tous assez attentifs même si je pouvais supposer qu'ils n'étaient pas tous nécessairement au fait de la place accordée historiquement à la philosophie et à l'épistémologie dans le développement et l'analyse critique des sciences cognitives, place et espace occupés depuis l'origine de ces sciences. Les commentaires et questions n'ont pas été des plus nombreux, et cela confirme bien mon intuition. Mais l'un d'eux a fait preuve d'un grand manque de manière, de courtoisie élémentaire, dans la façon dont il a formulé ses questions et commentaires. Ce n'est pas la première fois qu'une telle chose arrive, à moi comme à d'autres, et ce n'est sûrement pas la dernière non plus.

La courtoisie et la civilité, dit-on dans les cercles jugés conservateurs et ringards, sont des valeurs qui se perdent. Peut-être est-ce le cas, je laisse aux moralistes le soin de le dire. Or, sans être moi-même conservateur au sens moral ou politique du terme, j'estime en tous les cas qu'il est dommage que parfois, sous des prétextes trompeurs comme celui de l'affirmation d'une posture autoritaire sur un sujet particulier, de tels comportements soient adoptés dans les cercles de chercheurs.

Il est vrai que ma culture intellectuelle est très nettement marquée par les règles de la délibération adoptées par les philosophes, et par la tradition plutôt britannique de la tenue des débats intellectuels. Alors que la tradition franco-française est tout autre. Cela contribue à distinguer la culture académique québécoise de la française. Et je ne peux que m'en réjouir.

Je me réjouis surtout de connaître des chercheurs français qui en grande majorité acceptent la règle de la courtoisie en dépit de la différence entre les approches théoriques et les thèses débattues.

Mais les batailles de clochers et les cénacles formés d'initiés, existent partout et ne disparaîtront pas du paysage intellectuel. Il ne s'agit pas de faire preuve d'angélisme ni de chercher à faire en sorte que les débats deviennent édulcorés, qu'ils se muent en dialogues verbeux et creux. Et pour cela, je crois, qu'il n'y a comme méthode que celle du rationalisme (différent du cartésianisme qui en est une forme parmi d'autres).

En terminant, voici un lien vers la présentation Power Points d'une autre conférence que j'ai récemment donnée, à l'Université de Nancy, le mardi 24 mars dernier: http://www.slideshare.net/webphilosophus/reprsentationnalisme-et-computationnalisme

1 commentaire:

Daniel Lemire a dit…

J'aime bien les anti-borgs.